Messages

PHILOSOPHIE - La Mort - 13ième partie

La Mort Chez Le Vaudouisant Haïtien Mais, et qui sont « les morts »? On ne peut en parler qu’en interrogeant la thanatologie vaudou. En effet, de même que l’espace, pour le vaudouiste, n’est pas seulement ce « lieu bien clos o ù l’homme élit sa résidence et fait son nid »; que le temps n’est pas cette chose « circonscrite, arrondie, stérilisée par la clôture de la mort » et que les deux réalités s’ouvrent par en haut, la mort aussi est une chose ouverte. En effet, si nous mettons en œuvre une interprétation des conduites nécrologiques recensées, nous découvrons partout l’idée de métamorphose et de persistance existentielle au-delà de l’instant létal. Le fait d’armer la dépouille mortelle après la toilette mortuaire pour une éventuelle défense contre des ravisseurs possibles, celui de lui confier des messages pour l’arrière monde o ù le défunt est censé rencontrer les parents et les amis déjà décédés sont des signes non équivoques d’une croyance à...

PHILOSOPHIE - La Mort - 12ième partie

En fait, il s’agit avant tout de partager. Aller à la veillée, cela signifie aussi soutenir la famille, lui porter réconfort, consolation, éviter qu’elle ne reste seule. C’est aussi rester éveillé pour éviter l’utilisation du mort à des fins maléfiques. En conséquence, le défunt est toujours gardé par au moins un membre de la famille. Même si le corps physique n’est plus là, l’âme, l’esprit sont présents et c’est eux qu’il faut délivrer par le biais de la prière en commun. Il faut les libérer du péché, « les alimenter » pour les aider à sortir de la maison et trouver leur chemin. C’est le dernier voyage, le départ vers l’au-delà. C’est une sorte de pénitence. Pendant 9 jours, la personne erre, « ramasse ses traces et ses crasses ». Prier pendant 9 jours, c’est aussi une coutume, une habitude, une superstition. Il paraît que le chiffre impair 9     a une signification particulière. Les gens qui ne participent pas à la prière des 9 jours disent qu’ils ne peuv...

PHILOSOPHIE - La Mort - 11ième partie

La mort chez les Antillais   Il est indéniable que la mort est un phénomène de groupe. Spontanément à l’annonce d’un décès, un certain nombre d’individus se rassemble pour vivre ensemble un moment intense chargé d’émotion, de solidarité, de partage… C’est aussi la réaction d’un ensemble de personnes face à un phénomène inexpliqué, irrationnel. Si les gens s’organisent pour réagir face à un évènement, cela implique un certain dynamisme. On peut donc dire que le groupe est un corps qui vit, qui subit des tensions, des agressions ; à l’intérieur duquel on peut repérer différents types de regroupements. On a pu constater que lors d’une veillée, il y a répartition spatiale des individus en trois sortes de regroupement. -           Un, autour du mort. -           Un autre, dans la maison mais éloigné du mort. -           L’autre, à l’extérieur....

PHILOSOPHIE - La Mort - 10ième partie

Anne de Gonzague, princesse palatine, avait donné beaucoup de scandale : Bossuet proclame sa pénitence, non sans avoir rappelé ses fautes. Combien, parmi ceux qui l’écoutaient, trouvèrent dans cet exemple médité le courage de réformer leur vie, comme Mme de Montespan, dont la faveur est passée et qui va s’ensevelir dans la piété et les aumônes? Chez Condé, la piété mise en balance avec la gloire militaire chez le plus grand homme de guerre de son temps sera rehaussée par cette image du héros superbe qui se soumet à Dieu et discipline à la fin de sa vie sa nature violente. Cette piété robuste, toute virile, prouve que la religion n’est pas, comme le croient les courtisans, seulement l’affaire des femmes et l’occupation des cloîtres. C’est ainsi que Bossuet imprime à l’oraison funèbre son vrai caractère. Esprit réaliste, il se plaît dans le concret. La hauteur de ses vues théologiques et philosophiques ne l’empêchent pas de voir les hommes tels qu’ils sont. (Quels portraits de maî...

PHILOSOPHIE - La Mort - 9ième partie

Bossuet, pour faire revivre ses personnages, se fera historien véridique, biographe bien informé, psychologue pénétrant. Son informateur est ample et solide. Ses héros ont presque tout tenu un premier rôle ou occupé un haut rang, ils appartiennent à l’histoire. Bossuet les replacera dans le cadre des événements généraux et de la société de leur temps. Pour Henriette de France, femme de Charles Ier, c’est un tableau magistral de la Révolution d’Angleterre. Pour peindre la femme, il demande à Mme de Motteville qui l’avait bien connue un mémoire sur la vie et le caractère de cette reine. Pour faire connaître la Princesse Palatine, il étudie les écrits, les lettres qu’elle a laissés, il cite en chaire les documents sur lesquels son éloge est fondé. De même, mieux on connaît le temps de la Fronde, plus on admire la vérité de l’oraison funèbre de Le Tellier. Pour Condé, qu’il connaissait bien personnellement, il s’est informé avec soin de l’histoire de ses campagnes en compulsant les archiv...

PHILOSOPHIE - La Mort - 8ième partie

Le discours sera donc pour lui un sermon qui aura pour idée centrale la mort envisagée du point de vue chrétien. « La mort est la mesure que Bossuet applique aux joies, aux maux, aux désirs et aux agitations de l’homme ». C’est aux lumières supérieures qu’elle jette sur la vie que Bossuet éclairera ces grandes destinées dont il doit retracer l’histoire. L’oraison funèbre sera un sermon appuyé sur un exemple. « Ainsi Bossuet sauva la dignité d’un genre menacé par l’esprit courtisan » (J. Clavet), et assura la continuité de son action apostolique. Retracer une grande existence, faire une biographie qui soit en même temps un portrait était donc le premier de ses devoirs. Ici se rencontrait une difficulté : comment dire la vérité sur une tombe qui vient à peine de se refermer sur un mort illustre, en présence de sa famille, de ses amis, alors que cette vérité ne fut pas toujours glorieuse, qu’elle fut même parfois scandaleuse? L’éloge traditionnel était souvent menteur, mais Bossuet ...

PHILOSOPHIE - La Mort - 7ième partie

Pour l’adolescent, on peut évaluer le concept de mort en le divisant en 5 sous-concepts : la finalité, l’irréversibilité, la causalité, l’universalité et le vieillissement – le vieillissement, l’idée que les gens meurent quand ils sont vieux, est le concept compris avant tout autre. L’irréversibilité, le fait qu’une fois avant tout autre. L’irréversibilité, le fait qu’une fois mort, on ne peut revenir à la vie, est habituellement compris par après, et suivi du concept d’universalité (tout le monde doit mourir). La finalité (l’idée que la mort est un état final) et la causalité (le fait que la mort est intrinsèque aux êtres vivants et n’est pas seulement produite par des causes extérieures) se développent plus tard (Grenier 1986) a raffiné ces sous-concepts et établi les critères suivants pour déterminer un concept de mort correspondant à un niveau évolué de compréhension : la finalité (qui comprend l’irréversibilité), « l’état de mort », (qui renvoie à la cessation des fonctions biol...