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Violence Conjugale – 147ième partie

  Violence conjugale (suite)     Dans un manuel de défense et de survie destiné aux femmes américaines, Andréa Médéa et Kathleen Thomson expliquent très clairement comment s’est opéré ce transfert de responsabilités, si avantageux pour le violeur; « l’homme est un agresseur-né » c’est le soldat qui assiège les forteresses. La femme elle, est la gardienne des portes, le défenseur des trésors sacrés. Lorsque le mâle force l’entrée et s’empare du trésor, il a réussi son opération. Il n’y a pour lui aucune cause de culpabilité ou de remords. La femme, par contre, a failli à son devoir. La société, sa famille, la police et les tribunaux la traiteront en conséquence. Et leurs réactions paraîtront à ces femmes traumatisées souvent plus terribles que le viol lui-même, parce qu’elles sont injustes, cruelles, et que ce qu’elles sous-entendent est « affreux ».   *À suivre*

Violence Conjugale – 146ième partie

  Violence conjugale (suite)     Il fallait que ce soit une femme qui nous libère de ce cercle vicieux en rompant enfin le silence, en comblant enfin cette lacune inadmissible (mais non pas inexplicable). Dans la longue histoire secrète du masculin et du féminin. Du magistral ouvrage de Suzan Brownmiller une critique américaine a écrit (qu’on ne pouvait plus être le même homme après l’avoir lu). Et il est vrai que tout lecteur, toute lectrice de bonne foi seront profondément choqués en découvrant la violence, l’ampleur et la permanence des faits, mais surtout ce qui se cache derrière ces faits. L’auteur y raconte non seulement l’histoire insoupçonnée du viol, depuis les temps bibliques où la « victime » était lapidée à mort, jusqu’au viol collectif de My Lai par les soldats américains du Vietnam le 16 mars 1968, et jusqu’au plus récent et au plus concerté des viols de masse, celui de 300 000 femmes du Bangladesh par l’armée pakistanaise : Mais elle nou...

Violence Conjugale – 145ième partie

  Violence conjugale (suite)     L’attitude des historiens elle aussi est significative : que ce soit à l’occasion des invasions, défaites, razzias, guerres coloniales, transport d’esclaves, déportations, etc., le viol, composante permanente de toute manifestation de violence, semble toujours considéré avec une résignation indulgente, comme si le sort (normal) des femmes était d’être violées, ce qui n’exclut pas qu’elles aient à subir en outre le sort des hommes, la torture de la mort. C’est un fait troublant que les historiens aient accordé si peu de place à un évènement si commun. Ils estimaient sans doute que le viol, collectif ou individuel, n’était qu’un détail subsidiaire, sans valeur historique et d’ailleurs d’une authenticité douteuse.   N'oublions pas que lorsqu’en 1792 les femmes n’avaient pas le droit de témoigner en justice et qu’ensuite le témoignage de deux femmes ne valait pas celui d’un homme, curieuse arithmétique destinée à prouver la précarité...

Violence Conjugale – 144ième partie

  Violence conjugale (suite)   Ce n’est pas un hasard en effet si la recherche universitaire traditionnelle ne nous a livré aucune étude sur ce sujet, si la sociologie n’a produit jusqu’ici qu’un seul ouvrage (portant sur 600 cas de viol à Philadelphie). C’est encore moins un hasard si les psychiatres eux-mêmes ont évité d’évoquer ce problème.    C’est un nombre impressionnant de volumes ont été consacrés à l’exhibitionnisme, au voyeurisme, au sadomasochisme. Pourquoi rien sur le viol? Pourquoi, si étonnant que cela puisse paraître, Freud, Adler et Jung sont-ils restés muets sut cet aspect de la sexualité masculine? Mieux, en établissant le dogme du masochisme (naturel) de la femme, Freud a justifié en quelque sorte l’idéologie masculine de violence. Bien sûr, les hommes avaient toujours violé les femmes, mais c’est seulement à la suite des théories de Freud et ses disciples que se confirma ce bien fondé de l’agressivité masculine puisqu’elle répondait au secret dési...

Violence Conjugale – 143ième partie

  Violence conjugale (suite)   En tout cas, pas un seul homme, pas un philosophe, pas un homme d’Église, pas un historien, pas un juriste, pas un psychiatre, pas un de ceux qui ont écrit d’innombrables ouvrages sur toutes les formes d’activité humaine ne s’est soucié d’aborder le sujet, bien que le viol et la peur du viol fasse partie de l’univers psychique de chaque femme, bien que le viol et le désir de violer apparaissent dans les fantasmes de tant d’hommes, bien que le thème du viol enfin soit présent dans la littérature, dans les romans policiers, dans les bandes dessinées, dans les films, dans la poésie, dans la pornographie et, bien sûr dans la réalité quotidienne. Mais l’étude du phénomène du viol est à ce point absente des travaux des spécialistes de toutes disciplines qu’on est tenté de croire à une volonté délibérée, à une sorte de conspiration du silence.    *À suivre*

Violence Conjugale – 142ième partie

  Violence conjugale (suite)     Est-ce qu’un seul homme enfin a pris une seule heure de sa vie pour réfléchir au sens profond d’un acte répété depuis des siècles et des millions de fois par ses semblables et qui, par sa nature et surtout par les excuses qu’on lui a toujours trouvées, constitue l’abus de pouvoir le plus cynique et la manifestation la plus insolente du mépris du premier sexe pour le second ?    Est-ce qu’un seul homme enfin a pris conscience de l’hypocrisie et de la lâcheté d’une position qui consiste surtout à n’en pas avoir ou bien à considérer le viol non comme un problème masculin mais comme une fatalité, regrettable certes, mais inhérente à la condition féminine, un (accident) dû à la guerre, à une perversion sexuelle, à une (imprudence) ou à un malheureux concours de circonstances?   *À suivre*

Violence Conjugale – 141ième partie

  Violence conjugale (suite)   Le viol, une autre forme de violence des hommes   Est-ce qu’un seul homme s’est jamais donné la peine d’imaginer comment il vivrait, penserait, aimerait dans un monde à l’envers où, depuis les temps préhistoriques et dans la plus part des civilisations, c’est lui qui aurait servi de marchandise sexuelle, où c’est lui qui aurait couru le risque permanent d’être violé, à l’occasion de n’importe quelle guerre, de n’importe quelle révolution, d’un progrom, d’une émeute, d’une guérilla raciale, d’une simple bagarre nocturne, d’un retour de bal ou tout simplement d’une rentrée tardive chez lui. Est-ce qu’un seul homme a cherché à imaginer ce que peut représenter le destin totalement passif d’une femme violée dans nos sociétés patriarcales, où elle est considérée non comme un individu, mais comme une propriété : le fait d’être atteinte dans son intégrité physique de perdre son honneur malgré elle pour un crime commis par un autre, de risquer d...