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Violence Conjugale – 84ième partie

  Violence conjugale (suite)     Le mythe     La société a tendance à associer la force physique et l’agressivité aux hommes, et la fragilité et la vulnérabilité aux femmes. Cette perception peut conduire à minimiser ou à nier les expériences des hommes victimes de violence psychologique ou émotionnelle de la part des femmes manipulatrices, perverses, narcissiques.  Découlant des stéréotypes de genres, les hommes peuvent se sentir honteux ou stigmatisés, s’ils admettent avoir été victimes d’abus ou de manipulation de la part de leur partenaire féminin. Les hommes peuvent également craindre que leurs amis ou leur famille ne les prennent pas au sérieux ou les jugent de manière négative s’ils parlent de leurs expériences. 1.     Sensibilisation à la violence domestique et aux comportements PN est essentiellement axé sur les femmes et les enfants victimes d’hommes abusifs. Cela conduit indéniablement à une lacune dans la reconnaissance et l’accom...

Violence Conjugale – 83ième partie

Violence conjugale (suite)   L’homme battu, une figure inenvisageable Et pourtant, il suffit d’envoyer la question des hommes violentés en public pour comprendre que ces clichés existent bien. Entre les petits sourires amusés des mecs. « Moi, ça ne me dérangerait pas d’être au corps à corps », la gêne, la surprise, « mais comment c’est possible » et le classique « pourtant un homme peut se défendre ».  On comprend vite que la figure de l’homme battu est presque inenvisageable. Pour Samira Meziani, avocate « C’est justement le cœur du problème. Selon elle, entre les messages excessifs comme ceux de SOS papa et l’idée, bien ancrée dans notre société, que la femme est victime et non le bourreau, la violence contre les hommes ne semble même pas crédible ». Au point d’entraîner parfois des injustices. Elle raconte « j’ai défendu un client qui avait été poignardé par sa femme, elle a écopé de 8 mois avec sursis et finalement pas allé...

Violence Conjugale – 82ième partie

  Violence conjugale (suite)   Malheureusement, les hommes battus par les femmes sont instrumentalisés par des causes anti-féministes, l’idée étant d’expliquer que ces violences sont la preuve qu’il n’y a pas de domination masculine, voire que le pays est maintenant dirigé par des femmes écrasant les hommes , estime Anne-Cécile Maifert, l’une des porte-parole de l’association  Osez le féministe . Au téléphone, la jeune femme semble d’abord gênée par le sujet, voire suspicieuse.’’ il faut faire très attention avec ce sujet’’ comme si le simple fait d’aborder les hommes victimes de violence remettait en question celles faites aux femmes. ‘’On ne nie pas que cela existe mais on tient à rappeler, et c’est nécessaire vu l’instrumentalisation, que c’est quelque chose de très, très minoritaire contrairement aux violences masculines, véritable phénomène de masse’’ pour elle, comme pour Françoise Brie, la directrice de l’  association Escale , un centre d’accueil pour le...

Violence Conjugale – 81ième partie

  Violence conjugale (suite)     Il suffit d’ailleurs de tendre l’oreille quand Olivier B témoigne pour sentir le glissement vers ce discours masculiniste, c’est-à-dire anti-femme, évoqué par Christophe Régina. En réalité, les hommes sont à peu près autant victimes de violences conjugales que les femmes, c’est 50 0\0 mais c’est une réalité cachée’’, lance-t-il. Face aux statistiques, il secoue la tête, agacé et éructe : « Oubliez, oubliez tout ce que l’on vous a raconté, ce n’est pas vrai’ ». Selon lui, les mesures et campagnes du gouvernement contre les violences faites aux femmes ne reflètent pas une réalité mais ‘’une raclette électorale pour attirer les femmes puisqu’elles sont plus nombreuses à voter aux élections’’. Il enchaine’’ une bonne part d’entre elles portant plainte pour violence conjugale mais environ la moitié mentent’’ quand bien même elles ont des bleus, puisqu’elles ont très bien pu se les faire elles-mêmes,’’ c’est fréquent surtout pour ...

Violence Conjugale – 80ième partie

Violence conjugale (suite)   C’est du moins ce qu’a révélé Pauline Leduc dans son article de 2015 Voyons ce qui est écrit : Une nuance qui ne change rien à ce constat; les hommes sont victimes de violences, autant psychologiques que physiques. Pourtant, personne n’en parle. Sur internet, quelques articles rédigés à l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes abordent la question plutôt mollement. En France, contrairement à la Suisse, au Royaume-Uni ou au Canada qui se sont emparés du problème, il n’existe aucune campagne de prévention, étude spécifique ou infrastructure pouvant accueillir ces hommes. Si la violence contre les femmes est encore taboue, elle est au moins dénoncée comme telle. Pour les hommes qui la subissent, ce tabou n’est pas même nommé dans l’espace public.    (La question est inaudible). D’une part, il y a un discours masculiniste qui se sert des hommes battus pour critiquer de façon virulente les femmes. D’autre part, les fémin...

Violence Conjugale – 79ième partie

  Violence conjugale (suite)     Un tel contexte référentiel amène l’homme à croire à la légitimité de son autorité. Dans ce cadre l’utilisation de la violence, quelle que soit sa forme, sera d’abord perçue moins comme un abus que comme l’utilisation de la force nécessaire pour établir, maintenir ou restaurer l’autorité(légitime) seuls les excès seront condamnés, à savoir lorsque de façon patente, des moyens inutilement brutaux seront utilisés.      C’est ce genre d’éthique qui prévaut lorsqu’on applique ce principe aux rapports hommes femmes dans la société patriarcale. Il importe qu’en ce qui concerne les pays et sociétés que l’homme et la femme soient proclamés et reconnus libres et égaux afin de supprimer toute prétention de légitimité découlant d’une position d’autorité.   Malgré cette reconnaissance d’égalité, plusieurs hommes continuent à considérer en droit d’employer des modes de coercition diversifiés pour marquer leur autorité et leur posses...

Violence Conjugale – 78ième partie

  Violence conjugale (suite)     La tactique de contrôle coercitif n’a d’autre but que de maintenir le pouvoir de l’agresseur sur la personne visée (Yilo1993, citée par Hyden 1995) Gondolf (1988) a appuyé cette affirmation en soutenant que les comportements abusifs du mari à l’endroit de sa femme sont faits dans une perspective de maintien ou de gain de pouvoir et de contrôle sur celle-ci et s’inscrivent dans une société de type patriarcal. La porte du contrôle imposé dépasse bien évidemment la situation immédiate ou sont impliqués deux partenaires. Selon Kaufman (1987) les structure de domination et les formes de contrôle ne sont pas simplement à l’arrière-plan des formes de violence mais engendrent et éduquent ce phénomène de violence (p12). Plusieurs chercheurs (Tedesli et Al 1977; Allen et Strauss, 1980; Kaufman,1987; Stets,1988; Claser et Rosental, 19890; Subonik 1990; Wartenberg,1990; Berkowitz,1993; Petrik et Al 1994; Prince et Arias,1994) ont tenté de trouver l’or...