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Violence Conjugale – 79ième partie

  Violence conjugale (suite)     Un tel contexte référentiel amène l’homme à croire à la légitimité de son autorité. Dans ce cadre l’utilisation de la violence, quelle que soit sa forme, sera d’abord perçue moins comme un abus que comme l’utilisation de la force nécessaire pour établir, maintenir ou restaurer l’autorité(légitime) seuls les excès seront condamnés, à savoir lorsque de façon patente, des moyens inutilement brutaux seront utilisés.      C’est ce genre d’éthique qui prévaut lorsqu’on applique ce principe aux rapports hommes femmes dans la société patriarcale. Il importe qu’en ce qui concerne les pays et sociétés que l’homme et la femme soient proclamés et reconnus libres et égaux afin de supprimer toute prétention de légitimité découlant d’une position d’autorité.   Malgré cette reconnaissance d’égalité, plusieurs hommes continuent à considérer en droit d’employer des modes de coercition diversifiés pour marquer leur autorité et leur posses...

Violence Conjugale – 78ième partie

  Violence conjugale (suite)     La tactique de contrôle coercitif n’a d’autre but que de maintenir le pouvoir de l’agresseur sur la personne visée (Yilo1993, citée par Hyden 1995) Gondolf (1988) a appuyé cette affirmation en soutenant que les comportements abusifs du mari à l’endroit de sa femme sont faits dans une perspective de maintien ou de gain de pouvoir et de contrôle sur celle-ci et s’inscrivent dans une société de type patriarcal. La porte du contrôle imposé dépasse bien évidemment la situation immédiate ou sont impliqués deux partenaires. Selon Kaufman (1987) les structure de domination et les formes de contrôle ne sont pas simplement à l’arrière-plan des formes de violence mais engendrent et éduquent ce phénomène de violence (p12). Plusieurs chercheurs (Tedesli et Al 1977; Allen et Strauss, 1980; Kaufman,1987; Stets,1988; Claser et Rosental, 19890; Subonik 1990; Wartenberg,1990; Berkowitz,1993; Petrik et Al 1994; Prince et Arias,1994) ont tenté de trouver l’or...

Violence Conjugale – 77ième partie

  Violence conjugale (suite)     Faire cesser l’agression signifie alors davantage que de mettre un frein à la seule violence physique, il faut tout aussi impérativement arrêter l’exercice de la violence physique. Le défi est de taille car, psychologiquement, notamment, il est plus difficile à éliminer que la violence physique(p22). En effet on touche là à tout un système de pensée et de valeur des conjoints violents eux-mêmes. À la source des situations de violence conjugale, l’homme se définit comme investi d’une autorité, c’est-à-dire comme exerçant un rôle social qui lui octroie une supériorité sur la femme. L’usage de cette (autorité) lui permet par différents procédés autres que le simple usage de la force nue, et donc une économie de dépenses, une attitude de soumission (Mendel,1971).  À partir de la légitimisassions de son autorité, le conjoint utilisera toujours un ‘’pouvoir’’ coercitif en faisant un usage bien défini de la menace, de la force ou des de...

Violence Conjugale – 76ième partie

    Violence conjugale (suite)     Stets (1991) a compris la signification du terme de la façon suivante; le contrôle se définit comme l’action de diriger ou de tenter de diriger les pensées, les émotions et les actions et les actions d’une autre personne(p101) Subotnik(1983) précise pour sa part que (…) l’exercice de contrôle réfère à toute conduite qui a pour but d’exercer une influence sur l’autre personne ou de la dominer (p28). Bailey (1983) a formulé une théorie selon laquelle plus quelqu’un possède de contrôle sur une personne, plus il est en mesure de l’atteindre jusque dans sa sphère intérieure. La façon d’atteindre cet intérieur chez la personne réside dans la connaissance la plus exacte possible des désirs, des sensations et des émotions de celle-ci, afin de la dominer. Ainsi, l’exercice du contrôle de l’homme sur sa conjointe sera facilité par la connaissance intime que l’agresseur a de sa victime.   Dans la situation de violence conjugale, le contrô...

Violence Conjugale – 75ième partie

  Violence conjugale (suite)     Le contrôle   Les textes consultés ont permis de distinguer trois sens différents pouvant être attribués au concept de (contrôle), il y a d’abord la notion de contrôle prise dans son acceptation sociale. C’est dans ce sens que l’on parle du (contrôle social) comme d’une réalité sociale. Le second sens donné en terme est celui de (contrôle de soi) il va sans dire qu’en violence conjugale, ce n’est pas de ce type de (contrôle) dont on parle lorsque l’on mentionne que les conjoints violents exercent un contrôle. Cela étant il y a lieu de mentionner qu’à travers les objectifs de responsabilisation et de réappropriation poursuivis dans les programmes pour conjoints violents, on demande aux hommes de reconnaître qu’ils ont un contrôle sur eux-mêmes et qu’il leur appartient d’exercer ce contrôle de soi. Enfin le troisième sens donné au terme de (contrôle) renvoie essentiellement à l’exercice d’un rapport avec l’autre qui peut être définie co...

Violence Conjugale – 74ième partie

  Violence conjugale (suite)     Oulette et Al (1996) ont effectué une étude sur les représentations que des hommes et des femmes aux prises avec la violence conjugale se faisaient de la violence psychologique. Leur démarche les a amenés à interroger 19 personnes (neuf femmes et dix hommes) sur le comportement qu’ils identifiaient comme relevant de la violence psychologique treize champs de référence furent rapportés, soit : le dénigrement, le contrôle, l’intimidation, le blâme et les accusations indues, la manipulation, la menace et le chantage, la privatisation intentionnelle, La sur responsabilisation, la déresponsabilisation, la simulation et l’indifférence, la négation d’un état ou d’une condition, la bouderie, l’agression des enfants, le harcèlement.   Par ailleurs, un des outils utilisés dans la présente recherche est le psychosocial Maltretment of Women inventory (Tolman 1989), il comprend deux sous échelles soit (la domination et l’isolement) et les abu...

Violence Conjugale – 73ième partie

  Violence conjugale (suite)     La violence psychologique   Parce que moins apparente est plus polymorphe, la violence psychologique est plus difficile à cerner et à préciser que la violence physique.  Macleod (1982) a souligné l’importance de la première par rapport à la seconde.    Il est désormais clair et reconnu que la violence psychologique à laquelle sont soumises les femmes battues n’est pas une simple chicane de famille. La violence psychologique se manifeste généralement par des menaces ouvertes ou voilées ainsi que par une dégradation systématique de la femme dans sa relation avec son partenaire, et souvent dans tous les aspects de sa vie.  La violence psychologique est une réalité complexe. Pour Kasian et Painter (1992), elle est fréquemment précurseur de la violence psychique. Walker (1984), citée par Kaisian et Painter (1992) a identifié l’abus psychologique comme un comportement adopté par l’agresseur par lequel il vise à atte...