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LA DÉTRESSE DES HOMMES - 37e partie

PERTURBATIONS L’homme en détresse, à côté de ses grandes perturbations morales des traumatismes, des intoxications, etc. il y lieu de place, la misère, la misère avec toutes ses duretés, toutes ses cruautés. En face des situations désagréables qu’il a d’ailleurs savamment tissées, depuis toujours, sa joie de souffrir, de subir la dureté de son destin est très concrète et très caractéristique.  Il savoure sa mauvaise fortune comme d’autres leur réussite et leur bonheur. Il a même, en sa faveur, l’art de se faire...des ennemis. Il provoque autrui, et savamment, en excitant l’envie, la jalousie, la colère, l’agressivité, la honte.  Il a l’art de créer les discordances, de provoquer un malaise avec ses proches, au point qu’on ne désire qu’un chose: espacer de plus en plus les contacts avec lui et même les rompre.  L’amateur de souffrance et d’insuccès qu’est l’homme en détresse provoque sans cesse son entourage pour vivre dans une atmosphère punitive, pour vivre par la puniti...

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 36e partie

MISÈRE MORALE Quand l’homme en détresse a une raison réelle et évidente de souffrir de l’attitude d’un autre à son regard, plutôt que de s’en formaliser, il adoptera le style “martyr” et tirera de cette évidence tout le plaisir masochisme qu’il peut en exploiter....Il a toujours l’air de dire : “même si vous m’avez fait un mal profond et durable, je vous ai depuis longtemps pardonné.” Il joue à la grande âme, à l’héroïque. Il veut inconsciemment qu’on admire son indulgence, son calme, en même temps que son affront.  Il veut qu’on épilogue longtemps sur son exemple. Ces résignés indulgents n’excluent cependant pas l’existence réelle de souffrance silencieuse mais sans ostentation qui n’est pas une souffrance masochiste dont l’auteur et l’animateur tirent un vrai plaisir.  La souffrance véritable est humble et cachée et épargne tous ceux qu’on aime. Il y a d’autre cadeau à faire à ses amis que celui de l’étalage de ses misères morales et physiques. L’homme en détresse est l’acte...

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 35e partie

SOUFFRANCE L’homme en détresse peut s’irriter se troubler d’une boutade faite à son voisin comme si c’était à lui qu’on s’adressait.  Tout incident, dès qu’il affecte sa santé ou ses habitudes, qu’il menace son confort ou son droit à l’estime, prend les proportions d’une catastrophe, contre laquelle toutes les forces vives doivent être mobilisées d’urgence. Mais plus un incident est futile, plus grand est son pouvoir de déchaîner l’irritation.  Un retard concernant l’heure du repas, un léger manquement d’égard, suffisent à déterminer de violentes manifestations de colère. Au contraire, des épreuves rudes, la mort d’un parent ou d’un ami, une perte d’argent.....ne le laissent pas désemparé, il réussit à rester stoïque, ferme.  C’est ici qu’un besoin inconscient de punition trouve l’occasion d’être satisfait.  On ne verra jamais un névrosé parfaitement à son aise dans la joie et l’abondance, tandis qu’il sera capable de guérir rapidement d’une maladie si un malheur rée...

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 34e partie

INQUIÉTUDE Le sujet en détresse qui est constamment sur la défensive, craignant toujours être l’objet de malveillances de la part d’autrui, entretient fatalement une sourde agressivité qui éclate de temps en temps au cours d’une colère, ou qui fermente dans une certaine rancune. Il accumule insensiblement des motifs de rancoeur, et ce pour des vétilles.  Puis un moment vient où il se présente différemment vis à vis de certaines personnes. Il a perdu à leur égard sa courtoisie et son dévouement, en même temps que sa politesse. L’offenseur s’étonne de son attitude nouvelle et ne parvient pas à se remémorer la cause du ressentiment. L’analyse de ce changement d’attitude, comme tout le comportement du sujet en détresse, met en lumière une quête continuelle de sécurité.  Le sujet en détresse s’efforce d’attirer l’attention par une exigence d’attentions de la part d’autrui.  Il est essentiellement dépendant de l’attention des autres et multiplie les occasions de se faire remarq...

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 33e partie

ANGOISSE Quand on vit avec un individu en détresse, on s’aperçoit, après un certain temps, qu’il n’est pas capable de se sentir membre du groupe qui le fait vivre et même de la famille où il est né.  L’inquiétude, l’angoisse de se sentir raillé, plaisanté, ridiculisé, outragé, humilié.....l’incline à croire qu’il est simplement toléré dans son milieu mais jamais pleinement agrée.  Dans sa famille, il s’imagine qu’on lui  préfère un frère ou une soeur, parce qu’il (ou parce qu’elle) doit être plus intelligent, plus cultivé que lui, dans la société; il s’imagine qu’on le tolère parce que l’on ne peut pas faire autrement ou qu’on le garde par pitié. Jamais on ne lui a fait comprendre, dès son enfance, que tout être humain qui apporte à la société sa bonne volonté et sa solidarité est toujours et naturellement admis dans cette société, et avec ses défauts.  Si un des membres de la famille ou de la société est difficile de caractère, prétentieux, agressif, indélicat, on s...

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 32e partie

INSATISFACTION AFFECTIVE L’homme en détresse a besoin d’être aimé  Ce besoin répond à une frustration primaire d’enfance, une insatisfaction affective.  La tendresse le rassure sur l’appréciation de son entourage en plus de sa valeur propre de consolation. Son comportement peut se résumer ainsi : receptivité à l’offense, même très minime  et involontaire, refoulement, bouderie, rétraction, effervescence psychique, abattement, inactivité après l’offense.  Mais il ne suffit pas d’être en détresse pour être souffrant, il faut que cette souffrance se porte sur un point spécifique, le désir d’être aimé, estimé.  Il faut aussi que la pensée du sujet s’attarde sur une idée négative, qui le diminue à ses propres yeux - l’homme en détresse est réceptif à la moindre blessure ou atteinte morale parce que son psychisme est tellement tendu vers l’appréhension de la ressentir, qu’il la ressent à la première occasion, puis il craint beaucoup les explications avec autrui, car s...

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 31e partie

DIFFICULTÉ D'ÊTRE Un individu égocentrique, après plusieurs années d'expérience et de confiance en soi, après une réussite assurée et certaine, peut avoir un grand orgueil de son bilan positif. Argent, culture, relations sociales.... peuvent lui donner la sensation très vive d'être supérieur à beaucoup d'autres.  Disons que si cet orgueil dépasse une certaine limite d'insociabilité, il devient conflictuel et camoufle et recouvre un sentiment d'infériorité  qui veut à tout prix chercher sa compensation. Se dire et se redire très souvent qu'on se sent supérieur aux autres, est un symptôme clairement et  nettement névrotique.             Or,il n'y a pas que des sujets orgueilleux de leur bilan positif, il y en a aussi d'orgueilleux de leur bilan négatif. L’homme en détresse est l'exemple type. S'entretenir dans sa souffrance et un minimum vital, supporter n'importe quel déplaisir, n'importe quell...