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LA PERSONNALITÉ - 112e partie

L’accompagnement du mourant L’aidant a un rôle de défenseur des droits et besoins du mourant et de ses proches. Il se fait témoins du mourant et revendique ce dont il a besoin, parfois à contre-courant du mouvement administratif du milieu, particulièrement dans certains hôpitaux d’ici et certains hospices américains. À l’intérieur de ces derniers, son rôle est placé à l’avant-scène en tant qu’intervenant crucial vis-à-vis les améliorations à apporter au nom du bien-être maximal du mourant. Il aide, entre autres, les proches du mourant et celui-ci à se préoccuper des questions ou préoccupations spirituelles, mais il aide aussi les soignants à comprendre les peurs, espoirs et désirs du mourant et à gérer leurs sentiments vis-à-vis les expériences de mort qu’ils côtoient (Bern-Klug, Gessert, Forbes, 2001 : 45). * à suivre *

LA PERSONNALITÉ - 111e partie

L’approche systémique auprès du mourant L’aidant est spécialisé dans l’approche systémique, très valorisée en soins pallatifs, où les intervenants travaillent avec le mourant sur tous les plans (physique, psychologique, émotionnel et spirituel), en considérant son environnement et ses systèmes. En effet, il est le spécialiste du système global du patient, de ses interactions avec son environnement, avec sa famille, avec ses proches, etc. Dans ses valeurs fondamentales professionnelles, ce dernier valorise l’empowerment de son client. Cela revient dire de redonner du pouvoir au malade sur sa maladie et les aspects qu’il contrôle encore. Bien souvent, cela se réduit à ce qu’il eut dire à ce qu’il exprime quant au sens ultime de sa vie. Pour certains, le malade qui découvre sa spiritualité reprend du pouvoir sur sa vie et ce rôle d’empowerment revient en partie à l’aidant (Aguilar, 1997 : 83-84). Lloyd dit à ce sujet que l’aidant, dans son rôle et ses compétences, devrait passer de la tra...

LA PERSONNALITÉ - 110e partie

L'Accompagnement du mourant Le rôle de l’aidant en soins palliatifs est : d’écoute, de soutien, d’information, de support aux soignants, d’outils psychosociaux d’intervention, comme la communication à offrir à la famille, l’accompagnement, faire dénouer les situations, éclairer les soignants sur la situation des malades, apporter une vision familiale et sociale des proches, avec une image globale du patient, jouer un rôle d’enseignement, même à l’extérieur, préparer à la mort, suivre le deuil, être médiateur, (défendre les besoins du patient), être agent d’adaptation, référer les patients à la bonne personne (compétente), démystifier le mourant et sa personne. On perçoit deux mouvements présents, à savoir le côté passif et le côté actif. Celui qui accompagne, davantage dans « l’être-là », l’ici et maintenant, et celui qui intervient au besoin. Aux États-Unis, le rôle de l’aidant en soins palliatifs est davantage actif (Richman, dans Encyclopedia of Social Work, 1995 : 1358-1362 et ...

LA PERSONNALITÉ - 109e partie

Accompagner le mourant L’approche holistique fait donc naître de l’ambiguïté autour des rôles des soignants, une certaine zone grise, que certains par contre voient comme une force. Cette zone grise part du fait que le patient est le guide de sa mort et que ses besoins, parfois spontanés, seront soulagés par quelqu’un d’autre que par le « spécialiste » désigné. Cette zone grise représente une délimitation parfois floue des rôles des différents intervenants en soins palliatifs. C’est cette ambiguïté qui permet la resocialisation du mourir, en permettant que les rôles soient interchangés, en faisant éclater les discours exclusifs de la science et des professionnels, afin que le sens du mourir soit réapproprié par les gens accompagnant le mourant, voire même, par extension, la société d’aujourd’hui (Renaud, 2002). La spiritualité même du malade est pleine d’ambiguïté et le cheminement qui peut éclairer émerge de lui-même, lorsqu’il se tourne vers la personne de confiance de son choix. Un ...

LA PERSONNALITÉ - 108e partie

Accompagner le mourant Céline Vanasse (1996 : 129) décrit l’accompagnement de la manière suivante : « Accompagner, c’est être là pour ouvrir un espace dans lequel il (le mourant) puisse faire ce dont il a besoin (…) il s’agit du drame de quelqu’un d’autre, et que vous n’êtes pas là pour le sauver ». Il s’agit de communiquer, de réconforter, de respecter l’autre dans son corps, ses convictions, son mystère, sa solitude, et d’être compétent. L’auteure cite J. Pillot à ce propos : « Accompagner quelqu’un (…) c’est savoir que l’on peut quelque chose dans la pire des souffrances, par la présence, les soins, la compétence, l’écoute, mais c’est aussi accepter la part d’inachevé, d’imperfection, d’insatisfaction de nos attentes (…) sans le vivre comme un échec personnel. » (Lamau, 1994 : 85). Ce qui étonne, c’est qu’en théorie tous les intervenants sont appelés à faire de l’accompagnement dans l’intervention. Mais en contexte de soins palliatifs, l’intervention est au service de l’accompagneme...

LA PERSONNALITÉ - 107e partie

Approche holistique dans le contexte des soins palliatifs. Toutes les associations, groupes et équipes de soins palliatifs recensés, ici et à l’étranger, définissent à peu près de la même façon l’approche holistique de ces soins. Il est étonnant de constater à quel point l’approche holistique, au départ anglo-saxonne, a évolué à travers le monde occidental. Que l’on aborde la littérature québécoise, canadienne, américaine ou européenne, plusieurs similarités se profilent. Malgré certains points divergents ou accents différents, on dénote des efforts de recherche, d’amélioration et de normalisation des pratiques. Qu’on pense, entre autres, à l’Association québécoise des soins palliatifs (AQSP) où à l’Association canadienne des soins palliatifs (ACSP), aux manuels très complets sur le sujet, l’approche globale ou holistique des soins y est présentée comme étant le soulagement des besoins physiques, psychologiques, sociaux et spirituels des mourants (Aguilar, 1997; ACSP. 2001; AQSP, 2002;...

LA PERSONNALITÉ - 106e partie

Accompagnement des mourants D'aucuns parlent de la spiritualité dans l'accompagnement du mourant et c'est le cas d'Éric Savoie. La question de la spiritualité peut paraître pour certains inappropriée, ce qui serait justement le revers symptomatique d’une société qui a évacué le sens de la mort, du mourir, et qui véhicule une vision personnalisée et souvent même fantastique de la mort, qui n’est pas près de la réalité. La culture « hollywoodienne » peut biaiser la perception de la réalité sur la mort et les valeurs qui sont produites et qui éloignent de cette réalité. Lorsqu’on questionne des personnes ayant vécu dans des sociétés autres que la nôtre, comme dans les pays d’Amérique du Sud ou d’Afrique, on constate que le rapport à la mort d’une société est culturel et reflète les valeurs en présence. Qu’est-ce que signifie la mort aujourd’hui au Québec? Comment est-elle représentée? Comment la vivons-nous? Au Québec, la mort survient la plupart du temps à l’hôpital. Les ...