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Toxicomanie et la Femme 10e partie

Le développement intellectuel influence la socialisation d’un individu car il lui permet d’accéder à des cadres de référence plus larges, aux systèmes de valeurs de la société globale, de développer ses intérêts, et d’élargir son horizon social ». Par le fait même « il permet à l’individu d’accroître et d’élargir sa capacité d’adaptation à des situations futures » comme le dit si bien Arnould Clausse. Pour Madame A. des limites assez restreignantes lui furent donc imposées au niveau de son développement intellectuel si l’on tient compte de la brièveté de sa période de scolarisation. Les limites se présentèrent avec plus d’acuité au plan social si l’on considère tout d’abord la pauvreté pour ne pas dire l’absence de relation personnelle marquante soit ave un professeur, soit avec un de ses pairs. Que la relation eut été positive ou négative cela ne nous importe peu, mais qu’elle fut inexistante cela nous apparaît assez symptomatique d’une expérience de valeur douteuse au niveau de la so...

Toxicomanie et la Femme 9e partie

Au plan économique, sa famille se situait dans la classe moyenne inférieure (cf. 2em partie, p.38, 2e paragraphe). Nous entendons par là, la classe dans laquelle les besoins matériels primaires sont satisfaits et assurés ; il n’y a pas de place pour les superflus, sauf aux grandes fêtes. La famille arrivait habituellement à boucler le budget mais non sans devoir imposer des contraintes parfois pénibles. Ainsi les dépenses subites encourues par l’achat d’un vêtement neuf, d’une sortie un peu coûteuse, d’une maladie, d’un voyage impromptu, d’un décès, etc… ces dépenses donc menaçaient la sécurité matérielle du foyer. Il en résulta que souvent les désirs et les attentes, même les plus légitimes, ne pouvaient être comblés. Il est sans doute bon de se rappeler ici que c’est en octobre 1929 que débuta la période de la grande crise économique. La famille comptait six enfants avec part égale de garçons et de filles (cf. 2e partie, p.43, 2e paragraphe). Madame A. occupait un rang privilégié c’e...

Toxicomanie et la Femme 8e partie

ÉTAT ACTUEL Ces femmes qui connurent une désorganisation progressive tentent de se réhabiliter lentement. Nous leur avons demandé comment elles en étaient venues à se faire traiter à la clinique Domrémy. Sauf dans un cas, toutes les autres subirent une pression extérieure venant de diverses personnes. Quand on demande aux femmes d’apprécier le traitement reçu à la clinique, la majorité retiennent la valeur psychologique du traitement : revalorisation des individus et remise en contact avec la réalité. Toutes se disent satisfaites. Quels sentiments furent provoqués par cette satisfaction ? Onze patients éprouvèrent le désir d’un retour à la vie normale, et le moyen prôné était l’abstinence totale et la participation aux A.A. Quatre affirment avoir toujours soif et se sentent incapables de ne plus boire. Deux demeurent passives et n’expriment aucune opinion à ce sujet. Lorsque nous voulons résumer, un sentiment commun joint ces femmes après leur cur...

Toxicomanie et la Femme 7e partie

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CAUSES DANS L’ÉVALUATION DE LA CONSOMMATION EXCESSIVE Il ressort de ce tableau que la poursuite de la consommation excessive est étroitement liée à la relation homme-femme. Un mauvais fonctionnement ou une insatisfaction à l’intérieur de cette relation nous apparaît fondamentale dans la poursuite du phénomène alcoolique chez la femme. Aussi cette situation de tension et de stress éprouvée par cette frustration trouvait-elle un soulagement dans la consommation alcoolique. D’ailleurs, toutes les femmes sans exception affirment avoir éprouvé du soulagement et de l’évasion par la boisson. C’était l’effet recherché et produit par la boisson. Cet effet était de courte durée, et c’était le seul qui fut bienfaisant. Les résultats néfastes au plan familial, financier et social allèrent en s’aggravant de plus en plus. Au plan familial les relations avec le mari étaient de plus en plus sous le signe de la violence, de l’impatience, du mépris ; ou encore c’était l’indifférence. Quant aux enfants i...

Toxicomanie et la Femme 6e partie

LA PREMIÈRE CONSOMMATION EXCESSIVE Toutes les femmes n’ont pu répondre aux investigations qui vont suivre et parfois leurs réponses étaient bien partielles. Le total de nombre sujets va donc varier d’un item à l’autre. Parfois les données du dossier médical et social nous ont permis de compléter nos informations mais pas dans tous les cas. Tout d’abord l’âge moyen de nos femmes pour cette première consommation excessive était 30 ans avec des extrêmes de 18 et 50 ans. Ces femmes ne se souvenaient plus de cette donnée. Nous avons pu compiler dans un tableau les autres informations se rapportant à cette première consommation excessive. Edith Lisansky prétend qu’un nombre plus important de femmes que d’hommes boivent seules ordinairement à la maison. Pour la première consommation excessive nos femmes ont bu plutôt avec d’autres que seules, mais la plupart affirment avoir continué seule. Les circonstances qui ont entraîné cette première consommation excessive nous permettent de croire que c...

Toxicomanie et la Femme 5e partie

HISTOIRE DE LA CONSOMMATION CHEZ NOS FEMMES Nous terminons le chapitre en brossant un tableau de l’histoire de la consommatrice chez nos sujets. Nous examinerons l’origine de la consommation, l’évolution et l’état actuel. LA PREMIÈRE CONSOMMATION Nous distinguons une première période : celle qui va du premier verre à l’alcoolisme (ou consommation excessive). D’après Lisansky les femmes commencent à boire à 20 ans. En faisant la moyenne, nos sujets se situeraient exactement à cet âge, avec des extrêmes de 15 ans et 42 ans. Quant aux liens et circonstances qui ont favorisé cette première consommation la répartition se fait comme suit : 9 à la maison lors du temps des fêtes ou d’un anniversaire et 8 dans une boîte de nuit lors d’une sortie, d’une danse. La quantité et la sorte de boisson absorbée à ce moment était pour 11 sujets de la bière, avec une moyenne de 2 verres ; pour 2 autres c’était le vin, et la quantité 2 coupes ; enfin pour les 4 autres le gin avait été leur choix, et là aus...

Toxicomanie et la Femme 4e partie

CONSOMMATION DANS LA FAMILLE L’alcoolisme n’est pas héréditaire. Mais un milieu déjà affecté par cette toxicomanie n’en favoriserait-il pas l’éclosion chez l’un ou l’autre de ses membres ? Lisansky rapporte que les femmes alcooliques proviennent plus fréquemment que les hommes d’une famille où il y a déjà un problème de boisson. Aussi, nous examinerons le fait en lui-même de la consommation et les attitudes des parents en face de la consommation. Il est entendu que nous parlons ici de consommation excessive. Même si des femmes ont perdu leur père ou leur mère durant leur jeunesse elles en ont entendu parler par d’autres. C’est pourquoi les 17 ont répondu à notre question. Le dossier clinique de ces femmes confirme que treize d’entre elles avaient un parent alcoolique ; 10 avaient des pères alcooliques et 3 des mères alcooliques. Notre résultat dépasse de beaucoup celui de Lisansky qui affirmait que 44% des femmes rapportent qu’il y a un problème d’alcoolisme chez leurs parents soit 4 f...